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Rencontre avec ALFREDO JAAR



LIEU : Palais des Beaux-Arts de Bruxelles 23, rue Ravenstein – 1000 Bruxelles

PRIX : prix par séance : 6 € / membres JAP : gratuit / chômeurs, étudiants… : 4,50 €

Rencontre avec ALFREDO JAAR, suivie de la projection de son film
The Ashes of Pasolini, 38’, 2009

Artiste, architecte et réalisateur né en 1956 à Santiago (Chili), Alfredo Jaar vit et travaille à New York.
Dans ses installations, photographies et films, Jaar explore la désensibilisation du public face aux images et les limites de l’art à représenter des événements tels que les génocides, les épidémies et les famines.

Son travail témoigne des conflits militaires, de la corruption politique, et des déséquilibres de pouvoir entre nations industrialisées et en voie de développement, abordant entre autres sujets : le génocide au Rwanda, les mines d’or au Brésil, la pollution toxique au Nigeria, les questions liées à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, les contrastes de l’économie pétrolière et de l’extrême pauvreté de l’Angola.

On retiendra aussi "La Trilogie de Gramsci » (2004-05), une série d’installations dédiée au philosophe italien Antonio Gramsci, qui a été emprisonné sous le régime fasciste de Mussolini.
Alfredo Jaar a exposé dans le monde entier au sein d’expositions aussi bien personnelles que collectives : au New Museum of Contemporary Art de New York (1992), au Museum of Contemporary Art de Chicago (1992), au Moderna Museet à Stockholm (1994), au Museum of Contemporary Art de Rome (2005) à la Fundación Telefónica à Santiago (2006) au Musée des Beaux-arts de Lausanne (2007).
Il a également participé aux biennales de Venise (1986, 2007), São
Paulo (1987,1989, 2010), Sydney (1990), Istanbul (1995), Kwangju (1995, 2000), Johannesburg (1997), et Séville (2006) ainsi qu’à la Documenta de Kassel (1987, 2002).

LE FILM : « Je vais présenter un court métrage intitulé « The Ashes of Pasolini ». C’est un film modeste à propos de la mort d’un intellectuel extraordinaire.
Il est principalement basé sur du matériel documentaire découverts après 1975, année de sa mort, et même avant. Comme vous le savez, il est encore difficile de savoir qui l’a tué. Mais pour moi, il a toujours été clair pourquoi : c’était à cause de la peur. la peur de sa voix, la peur de son style de vie, la peur de ses idées, la peur de ses opinions, la peur de son intelligence. Il était l’intellectuel totalement complet : un cinéaste, un poète, un écrivain, un journaliste, un critique, un polémiste. Il a été totalement impliqué dans la vie culturelle et politique de son temps. En tant qu’artiste, il a pris des risques, enfreint les règles, il a créé ses propres règles. Pasolini a écrit l’un des plus beaux poèmes du 20e siècle intitulé Les Cendres de Gramsci (2005), un éloge à l’autre grand penseur italien, Antonio Gramsci. Le titre de mon film est basé sur ce poème de Pasolini, mais j’ai choisi d’écrire un éloge funèbre à Pasolini lui-même. En ces temps sombres où l’Italie se trouve, la voix de Pasolini fait cruellement défaut .’[...] Alfredo Jaar